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Comment éviter le mal des transports en avion : 7 astuces efficaces

Le mal des transports en avion ne vient pas du mouvement, mais d'un conflit entre vos yeux et votre oreille interne. Siège, position, timing des médicaments : ce qui marche vraiment — et ce qui aggrave tout.

Comment éviter le mal des transports en avion : 7 astuces efficaces

Le hublot. C'est toujours le hublot qui me trahit. Je m'installe, je boucle ma ceinture, je sors mon carnet pour noter deux ou trois idées avant le décollage — et à peine les roues quittent le tarmac, la nuque se couvre de sueur froide, l'estomac remonte, le monde se met à tanguer alors que l'avion, lui, ne bouge presque pas. Ce que j'ai mis des années à comprendre, c'est que le mal des transports en avion ne vient pas du mouvement. Il vient du conflit entre ce que vos yeux voient et ce que votre oreille interne ressent.

Et ça, ça change absolument tout ce qu'on peut faire pour l'éviter.

Points clés à retenir

  • Le mal des transports en avion naît d'un conflit sensoriel : vos yeux et votre oreille interne envoient deux vérités contradictoires au cerveau.
  • Le choix du siège (aile, hublot sur l'horizon) et la position du dossier pèsent souvent plus lourd que n'importe quel médicament.
  • Les antiémétiques se prennent avant l'embarquement, jamais une fois la nausée installée — à ce stade, il est trop tard.
  • Lire, scroller, regarder un film : les trois pires choses à faire en vol si vous êtes sensible.
  • Le point d'acupression P6, sous le poignet, a un vrai effet chez certaines personnes — et zéro chez d'autres. À tester chez vous avant de compter dessus.
  • Ne confondez pas mal des transports et peur de l'avion : les symptômes se ressemblent, le traitement n'a rien à voir.

Pourquoi l'avion déclenche le mal des transports plus que la voiture

On croit que le mal des transports est proportionnel au mouvement. Faux. Il est proportionnel à l'incohérence entre vos sens.

En voiture, sur une route plate, vos yeux voient la route défiler, votre oreille interne perçoit l'accélération : les deux sont d'accord. Votre cerveau valide. Dans un avion en palier, à 900 km/h, votre corps ne ressent quasiment rien — pas de vibration franche, pas de virage perceptible — mais votre oreille interne, elle, continue de capter des micro-accélérations, des changements d'inclinaison, des variations de pression. Vos yeux, eux, voient une cabine immobile.

Le cerveau reçoit deux rapports contradictoires. Et quand il ne sait pas trancher, il fait ce qu'il fait depuis toujours face à un possible empoisonnement : il déclenche la nausée. C'est une réaction de défense archaïque, complètement inadaptée à un vol Paris-New York.

Les trois phases où ça bascule

Tous les moments d'un vol ne se valent pas. Chez moi, la hiérarchie est nette :

  1. Le décollage et la montée — phase la plus violente pour l'oreille interne. L'inclinaison, l'accélération, la pressurisation qui change. C'est là que ça se joue.
  2. La descente et l'approche, avec les virages et les paliers de palier.
  3. Les turbulences, évidemment — mais j'ai remarqué un truc contre-intuitif : une turbulence franche et continue me secoue moins qu'un vol parfaitement lisse avec trois micro-secousses isolées. C'est l'imprévisibilité qui attaque, pas l'intensité.

Donc si vous ne devez retenir qu'une chose : préparez-vous pour ces phases, pas pour le vol entier.

Le choix du siège et la position : le levier que personne n'utilise

Franchement, quand je vois des gens réserver un hublot « pour la vue » en sachant qu'ils sont malades à chaque vol, je ne comprends pas. La vue, c'est justement le problème : si vous regardez un horizon lointain et stable, votre vision et votre oreille interne se recalent. Si vous regardez un hublot qui ne montre que du ciel blanc uniforme, vous n'avez aucun point de repère et le conflit s'aggrave.

Ce qui marche chez moi, dans l'ordre d'efficacité :

  • Un siège sur l'aile, au niveau du centre de gravité de l'appareil : c'est là que les mouvements sont les plus amortis. Le plus stable de l'avion, en général.
  • Un hublot uniquement si vous pouvez voir l'horizon ou le sol. Sur un vol de nuit ou dans les nuages, oubliez : préférez le couloir.
  • Le dossier incliné au maximum, tête calée contre l'appui-tête. Un cou bien soutenu réduit nettement les sensations de vertige.
  • La ventilation dirigée vers le visage. L'air frais sur le front et les joues, ça change vraiment quelque chose pour moi — probablement l'effet sur le système nerveux, peut-être juste l'effet placebo, mais je prends.

Et la pressurisation, elle joue un rôle ?

Oui, mais pas là où on l'attend. La cabine est pressurisée à une altitude équivalente à 1 800–2 400 m, environ. Ce n'est pas grand-chose pour un corps en bonne santé, sauf que ça assèche, ça dilate les gaz, et ça fatigue. Vous ne serez pas malade à cause de la pressurisation, mais si vous êtes déjà limite, elle vous fait basculer.

Ce que j'ai appris à faire : boire de l'eau régulièrement, éviter l'alcool et le café (les deux que je prenais systématiquement « pour me détendre » — grosse erreur), et rester léger sur le repas d'avant-vol. Un plat gras deux heures avant l'embarquement, c'est un pari que je ne tente plus.

Médicament contre le mal des transports : la question du bon moment

Voilà l'erreur que presque tout le monde commet. On prend un comprimé quand la nausée arrive. Trop tard. Une fois que la nausée s'installe, même le meilleur antiémétique n'a plus qu'un effet marginal — la cascade est lancée.

Deux grandes familles existent sur le marché sans ordonnance :

Famille Ce qu'elle fait Le piège à connaître
Antihistaminiques anti-H1 (type diménhydrinate, diphénhydramine, méclozine) Réduit la transmission dans le centre du vomissement. Effet sédatif notable. Somnolence forte, jamais compatible avec la conduite à l'arrivée. Prise 30 à 60 min avant.
Scopolamine (patch transdermique) Blocage des récepteurs muscariniques, très efficace sur la prévention. Sur ordonnance selon les pays. À poser plusieurs heures avant — pas juste avant d'embarquer. Effets anticholinergiques : bouche sèche, vision floue.

Le point commun : la prise doit se faire avant le décollage, en respectant le délai de chaque molécule. Le patch de scopolamine, par exemple, doit être appliqué sur une peau propre et sèche derrière l'oreille plusieurs heures avant le vol — la plupart des gens le collent dans la salle d'embarquement, et c'est une erreur.

Attention : ces médicaments ne sont pas anodins chez la femme enceinte, chez les enfants et en cas de glaucome ou de certains troubles urinaires. Le pharmacien, ou mieux, le médecin, reste la personne à consulter — surtout pour un voyage avec un enfant.

Les remèdes de grand-mère, ça marche vraiment ?

Soyons clairs : le gingembre a une réelle activité antiémétique, c'est probablement le seul « remède de grand-mère » qui tienne à peu près la route. Le reste — un peu de sel sur la langue, une rondelle de citron, une pincée de bicarbonate — relève du folklore. Ça ne fait pas de mal, ça ne fait pas de bien, et ça détourne l'attention, ce qui n'est déjà pas rien.

Ce qui m'a réellement aidé, en revanche, et qui n'est pas un remède : la respiration lente contrôlée. Inspirez sur quatre secondes, expirez sur six, pendant les phases critiques. Ça ne supprime pas la nausée, mais je tiens nettement mieux la montée et la descente depuis que je le fais. Le mécanisme est probablement lié au nerf vague et à la régulation du système nerveux autonome.

Acupression, bracelets et sparadrap : ce qui vaut la peine d'essayer

Le point P6, ou Neiguan, se trouve à environ trois doigts sous le pli du poignet, entre les deux tendons. Les bracelets d'acupression qui appuient dessus font l'objet de résultats hétérogènes selon les personnes. Chez moi, l'effet est réel mais modeste — disons 20 % d'inconfort en moins. Chez une amie, c'est spectaculaire. Chez une autre, c'est zéro.

Ma règle : testez chez vous, en voiture ou dans le bus, avant d'y compter pour un long-courrier. C'est peu coûteux, sans danger, et ça vaut le test.

Quant au sparadrap qu'on place sur le nombril ou sur le poignet en pressant un grain de poivre dessus, la tradition existe, mais je n'ai jamais trouvé de logique physiologique derrière. Amusez-vous, mais ne misez pas votre vol là-dessus.

Le mal des transports qui dure après l'atterrissage, c'est normal ?

Oui, et c'est plus fréquent qu'on ne le croit. Certaines personnes continuent de ressentir une sensation de balancement, une instabilité, parfois une légère nausée pendant plusieurs heures — voire un à deux jours après le vol. On parle de « mal de débarquement » (en anglais, mal de débarquement syndrome, même terme en français maintenant). Ce n'est pas dangereux en soi, mais c'est désagréable.

Ce qui aide : marcher, s'ancrer visuellement sur des objets fixes proches, éviter de s'allonger immédiatement dans une pièce sombre. Le cerveau a besoin de recalibrer ses repères — et pour ça, il lui faut du mouvement et des points de référence. Un grand classique qui m'a bien servi : après un long vol où j'ai été malade, je marche 20 minutes dehors avant de m'enfermer à l'hôtel. La sensation disparaît plus vite.

Peut-on rééduquer son oreille interne ?

Oui, jusqu'à un certain point. Il existe des programmes de rééducation vestibulaire, menés par des kinésithérapeutes spécialisés, qui consistent à exposer progressivement le système vestibulaire à des mouvements contrôlés pour qu'il apprenne à mieux interpréter les signaux contradictoires.

C'est particulièrement efficace pour les vertiges positionnels et certaines instabilités chroniques. Pour le mal des transports « classique », les résultats sont plus inégaux — ça réduit souvent la fréquence et l'intensité, mais ça ne transforme pas un voyageur malade en voyageur serein. Si vous êtes concerné, ça se discute avec un ORL qui pourra vous orienter.

Ne pas confondre : mal des transports et peur de l'avion

C'est la confusion que je rencontre le plus souvent quand on me parle du sujet. Les deux donnent des symptômes proches — sueurs, palpitations, nausée — mais les causes n'ont rien à voir, et surtout le traitement non plus.

Le mal des transports est un problème sensoriel. La peur de l'avion est un problème d'anxiété. Si vous prenez un antiémétique contre une crise de panique, vous serez juste somnolent et paniqué. Si vous faites de la respiration ou de la sophrologie contre un vrai conflit vestibulaire, vous n'aurez rien réglé non plus.

Comment trancher ? Posez-vous la question simple : est-ce que la sensation arrive pendant les mouvement de l'appareil, ou est-ce qu'elle commence dès la fermeture des portes, voire à l'idée du vol ? Si c'est la deuxième option, vous avez plutôt affaire à de l'anxiété, et le travail se fait en amont, éventuellement avec un professionnel.

Ce qui change réellement quelque chose

Si je devais résumer ce que vingt ans de vols m'ont appris, je dirais ceci : le mal des transports en avion se prépare, il ne se soigne pas dans l'instant.

Choisissez un siège sur l'aile. Inclinez votre dossier dès l'embarquement. Fermez les écrans pendant le décollage et l'atterrissage, fixez un point stable si vous en avez un. Si vous prenez un médicament, prenez-le au bon moment, pas à l'arrivée des symptômes. Et testez l'acupression chez vous avant d'y compter.

Une dernière chose, plus personnelle. J'ai mis longtemps à accepter que je serais toujours un peu sensible, quoi que je fasse. Le but n'est pas d'éliminer la sensation, c'est de la garder sous le seuil où elle prend le dessus. Un vol inconfortable mais gérable, c'est déjà une victoire.

La prochaine fois que les roues quitteront le tarmac, vous saurez au moins pourquoi votre corps vous joue ce mauvais tour. Et ça, mine de rien, ça aide à tenir.

Fanny Marchand

Fanny Marchand

Fanny Marchand est une auteure passionnée par l'Asie, où elle a voyagé à de nombreuses reprises. Elle se distingue par ses récits de voyage immersifs qui captivent les lecteurs par leur authenticité et leur profondeur. Son expertise en voyages en Asie lui permet de partager des expériences uniques et enrichissantes.

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